LES BELLES RENCONTRES
D’ÉMILIE ANDRÉ

Le parcours de la cavalière française s’est construit au contact de grands cavaliers internationaux.

Emilie André SEGURA_HORSE_TEAM
CONTACTEZ-NOUS

Émilie a 6 ans quand elle se promène avec son père, un passionné de chevaux, à proximité d’un centre équestre en construction près de Blois (Loir et Cher – France). Elle ne le sait pas encore, mais elle y pratiquera l’équitation durant les vingt années suivantes et y sera diplômée. Bienvenue à l’écurie Les Galvinettes à Vineuil, dirigée alors par la cavalière France Roche, aujourd’hui conseillère technique régionale auprès de la Fédération française d’équitation. Les Galvinettes sont à l’époque une écurie de propriétaires qui a la particularité de disposer de plusieurs chevaux d’école. “France a commencé à m’apprendre avec eux”, raconte Émilie André. Très vite, sur recommandation de son entraîneur, un propriétaire lui confie une de ses montures. “Un vieux routard de 15 ans dont ses enfants ne voulaient plus… “, se souvient la jeune femme.

Avec lui, elle participe à ses premières compétitions, obtient ses premiers bons résultats et suit ses premiers stages avec des cavaliers français aux noms devenus légendaires : Patrick Caron, le cavalier français aux 118 médailles, et Jean d’Orgeix, champion olympique français. Le rythme est soutenu : trois stages l’hiver et un l’été, chaque année, entre sept et quatorze ans. “J’ai eu la chance d’avoir une super coach. Elle m’a inculqué les bases, me permettait de monter ses chevaux de tête et m’a fait rencontrer les meilleurs”, souligne reconnaissante Émilie André.

Major de promotion

Pour la récompenser de ses progrès, ses parents, sans grands moyens, lui offrent le cheval “de sa vie” le jour de ses quatorze ans. “Dame d’Hories avait 6 ans quand je l’ai eu. Elle était juste débourrée. Il a fallu que je la forme”, décrit-elle. Avec elle, la jeune Émilie écume les circuits cadets, juniors puis jeunes cavaliers. Elle est sélectionnée en équipe de France de saut d’obstacles pour participer aux championnats d’Europe juniors avant de prendre part à plusieurs Coupes des Nations en jeunes cavaliers. “Entre-temps ma jument avait vieilli. Nous étions arrivées à 1.45 mètre en compétition. Il était hors de question de lui en demander plus. Elle a terminé sa vie à la maison…”, explique-t-elle émue.

Son baccalauréat scientifique en poche, elle décide d’obtenir son monitorat de saut d’obstacles. Elle est formée « à domicile »par France Roche, également instructrice diplômée. Une formation en apprentissage de deux années : “Tous les matins, tu fais les 40 boxes et tu les vides deux fois par semaine à la fourche. C’est formateur…” Elle termine en 2002 major de la promotion régionale et débute sa carrière.

Emilie_André_Segura_Horse_Team

En 2002, elle rencontre Éric Lamaze et traverse l’Atlantique, direction Montréal puis la Floride pour rejoindre son écurie de concours. Elle y restera sept belles et enrichissantes années.

Lors d’un championnat de France des jeunes chevaux à Fontainebleau, elle est repérée par un chasseur de têtes. Le donneur d’ordre n’est autre que Éric Lamaze, champion du monde et champion olympique canadien. Elle le rencontre et traverse l’Atlantique, direction Saint-Clotilde près de Montréal (Canada) pour rejoindre son écurie d’élevage. Comme elle “monte bien”, dixit le champion, elle est très vite détachée en Floride auprès de l’écurie de concours. Elle y restera sept belles et enrichissantes années.

De retour en France, elle décide d’entrer à l’École nationale d’équitation de Saumur (France) pour obtenir ses galons d’instructrice. Elle tente le concours d’entrée et fait partie des 10 sélectionnés sur 150 candidats. Durant cette année de formation, elle rencontre les meilleurs spécialistes – comme George H. Morris, le légendaire entraîneur de l’équipe américaine – et découvre les endroits les plus prestigieux du monde équestre : Badminton (Angleterre), Verden et Aix-la-Chapelle (Allemagne).

Sous la direction de Didier Dhennin et Philippe Limousin, deux cavaliers français de niveau international, Émilie apprend à enseigner deux autres disciplines : le cross et le dressage. Diplômée, elle participe au développement dans la Meuse (France) de l’Écurie des baleines. Cette expérience l’amène à entreprendre une collaboration de deux ans avec le champion français, Roger-Yves Bost, qui avait repéré un jeune cheval de 4 ans formé par ses soins. Elle repart ensuite à Washington dans une structure équestre dirigée par une famille française avant de revenir en France. Une offre d’emploi attire son attention. Ce sera la Suisse et une nouvelle rencontre. La cavalière s’appelle Patricia Segura

Juillet 2019